Housewife on holidays

Il y a un caractère apaisant à la cuisine. Toute la vie, fuck no, j’ai d’autres choses à faire, mais en vacances, oui, je suis une jeune femme au foyer, et ça me détend.

Dans la cuisine familiale que je connais si bien, tout est à sa place. Bien sûr je suis partie il y a des années, mais une fois qu’une chose a trouvé son emplacement, elle n’en bouge plus, même après les rénovations, le coup de peinture, le nouveau four.

Je navigue dans cet espace familier sans y penser, un vieux CD gravé de mon adolescence dans les oreilles, ou sur la voix de Leonard Cohen. J’écoute aussi mes timbres de maintenant, mes podcasts et mes nouveaux albums, mais ça n’a pas la même saveur.

Dans la cuisine familiale, rien ne manque jamais : tout est en double, les épices s’amassent au rez-de-chaussée dans des sachets hermétiques ramenés d’au-delà de la Méditerrannée, le garage regorge de denrées.

Dans la cuisine familiale, il ne fait jamais froid, et rarement trop chaud. Tout est optimal, même si les vieux couteaux ne sont plus aussi tranchants, même quand une tasse vit son dernier jour vacillant au bord de l’évier, inconsciente de la chute qui la brisera sur le carrelage couleur sable qui a vu grandir mes petits pieds.

Il y a tout, il y a trop. On ne sera jamais à court, semble-t-il, même si on devait nourrir toute la famille pendant un an.

Les recettes reviennent en tête, ce n’est pas un terrain d’expérimentation mais d’habitudes. Aux orties le sucré-salé, à Paris les essais de petites chimiste, ici je reste dans la simplicité du beurre chaud dans la poêle, des pommes de terre fondantes, du combo sel-poivre-persil-ail que ma mère prépare et congèle, aussi prévoyante qu’un écureuil mais avec plus de mémoire.

J’aime cette cuisine qui rythme mes journées, vous m’y trouverez à 11h30 à renifler devant un oignon, à 18h en train d’ouvrir une bière, à 20h, penchée pour trancher le pain du dîner.

Ça occupe les mains et ça libère l’esprit, c’est machinal et essentiel. Nourrir les autres, les rassasier, leur enlever le poids des pensées : pas besoin de réfléchir, reposez-vous, je m’occupe de tout.

J’aime nourrir le corps des gens pour les laisser muscler ou reposer leur cerveau, je crois que ça sera toujours le cas, et l’endroit où je préfère le faire, c’est sur la nappe à pois de la cuisine familiale qui sera toujours chez moi.

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