Grow up or die tryin’

Comme disait la chanson, « J’essaie, j’essaie de faire de mon mieux ». J’essaie d’être comme ces filles, non, ces femmes qui ont l’air d’avoir tout pigé, de pouvoir tout gérer.

Tu sais lesquelles, celles qui ont des plantes pas fanées dans des pots pastel, qui cuisinent le matin parce qu’elles ont pris le temps de faire le marché parce qu’elles se sont pas traînées du canapé-lit à midi pour mettre en route un mug de café soluble parce que ça fait 4 mois que la french press est cassée et que vraiment c’est pas compliqué à racheter mais voilà. C’est cassé. Alors on fait comme ça.

Celles dont les week-ends durent quatre demi-journées et pas deux parce qu’elles dorment pas toute la matinée, celles qui ont des vêtements repassés et un parquet. Celles qui savent en se levant quoi faire de leur journée, celles qui sentent bon et ont les cheveux brossés, celles qui savent utiliser des produits de beauté mais ont décidé de ne plus le faire parce que ce n’est pas bon pour la santé.

Celles dont le frigo est rempli et bien rangé, lavé, avec une odeur légèrement citronnée. Celles qui quand elles t’accueillent te font sentir un peu comme chez ta mère, comme chez une vraie adulte, c’est peut-être l’odeur de la tarte dans le four ou celle de la bonne lessive, avec de l’adoucissant, toi t’as pas d’adoucissant, et tu laves tout à froid de peur de flinguer un pull.

Avant t’en plaisantais, tu disais que t’avais pas eu le mémo, que t’avais raté l’inscription à la fac des adultes. T’es là, en pyjama un peu trop court sur les chevilles comme un Weasley trop vite grandi, en tailleur dans un canapé à 50 balles, et tu tires trop de fierté du fait que ce soir, pour la première fois depuis un million d’années, t’as cuisiné.

Et même ça tu l’as fait penchée sur ta table basse pas adaptée à ton appart, en regardant tes séries télé.

Mais les baby steps vers l’âge adulte c’est trop lent comme méthode pour avancer.

Dimanche j’ai fait un truc, j’ai regardé la moi d’avant, de maintenant, et je lui ai dit au revoir, je l’ai laissée s’éloigner, j’ai tellement chialé, c’était dans ma tête mais aussi dans mes tripes et dans ma poitrine, et ça a pas de sens parce qu’elle est encore là, parce que ça a pas marché, parce que je suis encore là, je suis encore moi.

Mais elle sait qu’elle est plus à sa place, maintenant, elle sait que je m’accroche parce que changer ça fait peur, parce que j’ai peur d’échouer aussi, parce que j’ai peur que ça règle rien. Faudrait arracher le sparadrap, claquer la porte, après tout je viens d’avoir vingt-cinq ans, c’est un peu moins mignon qu’à dix-neuf d’avoir encore des cartons pas défaits, et des lessives sans adoucissant.

Devenir adulte je sais que ça va arriver, que ça doit arriver, mais je me roule en boule comme l’enfant que j’étais et finalement c’est peut-être l’étape finale pour rentrer dans la chrysalide et enfin muer.

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5 réflexions sur “Grow up or die tryin’

  1. J’adore vraiment tous tes articles, grâce à toi je me dis que je ne suis pas seule et que finalement c’est humain de galérer, de pas vouloir grandir et de pas être parfait parce qu’on est simplement comme on est. Merci ❤

  2. J’ai 29 ans et demi, et je dis encore « et demi » quand je dis mon âge. Je me sens pareil que toi quand je vois des « vrais adultes », ceux qui correspondent à la brochure, et qui ont l’air de faire tout ce qui est écrit dans le manuel. Ça me parait beaucoup trop dur, donc je me contente de donner le change (genre maintenant je me rase une fois par jour, je sais c’est un crime pour une barbu-fan comme toi, mais hey, je suis un grand maintenant, je fais ce que je veux), puis après je reprends ma vie (ie. je vais jouer un peu) quand ça devient trop dur (ie. faire du repassage, ce genre d’épreuve insurmontable).

    Mais depuis quelques temps, y a un truc qui me rassure : je croise des « vrais adultes », genre presque 50 piges, avec des mômes et tout le bordel, qui laissent paraître des trous dans l’attirail du parfait adulte : ouais, ils ont un crédit sur le dos, mais la dernière fois ils ont oublié d’aller chercher le gosse à l’école, alors quand ils sont arrivés en retard ils ont complètement feinté la directrice de l’école en foutant ça sur le dos de leur job, avec la goutte de sueur et le regard hésitant parce que, bon, c’est la directrice de l’école hein, alors fais pas ton malin, même si t’as 20 piges de plus qu’elle. Ou sinon, ils oublient de payer leur dernier tiers, parce que la lettre est restée dans le bac de l’entrée, et flemme de l’ouvrir, parce que bon, et paf la majoration.

    En fait, plus le temps passe, plus je suis convaincu que beaucoup de gens font semblant. On te donne un costume d’adulte, et t’as simplement à faire semblant. Le reste c’est pas grave. Ça fait pas des gens comme nous des êtres humains moins bons que les autres. On a le droit d’être comme ça. « C’est les autres qui sont cons » (Perceval).

  3. Tu es dure avec toi-même ._.

    Qui ça dérange que tu passes ta journée dans ton canap ou que tu coupes des légumes sur une table basse ? Ce sont les autres qui ragent de pas avoir une table basse, alors que c’est le meuble le plus cool du monde.
    Si c’est toi que ça dérange, well, ok. Do what you want.
    Mais si c’est rapport à une pression sociale extérieure, ma foi, tu fais bien ce que tu veux avec tes cheveux.

    Et puis, la meuf trop bonne sur Pinterest qu’a posté une photo d’elle trop bien maquillée avec des petits muffins chous, bios et vegans, t’sais pas, elle a peut-être chillé toute la matinée en pyjama devant Westworld avant de se lever, et de prendre une douche juste pour la photo. Ptèt qu’elle rote en se grattant les fesses.

    Pour moi, être adulte, c’est être indépendant, autonome. Si tu fais tes courses toute seule, que tu vas à la laverie toute seule et que tu es suffisamment mature pour nourrir ton chat et qu’il reste en vie, alors tu es adulte.

    Est-ce que tu serais réellement plus heureuse en te levant à 8h (ce qui veut dire pas de sortie la veille si tu veux dormir suffisamment pour vivre), en te faisant une eau citronnée plutôt qu’un café et en peignant des meubles pastels plutôt qu’en matant une série (série qui, en plus de te divertir, nourrie ta vie sociale bien plus sûrement que les meubles pastels) ?

    Tout ça c’est juste une question de perception des autres.
    Mon copain me dit « Waow, mais t’es tellement forte, et courageuse, et dynamique, tu fais tellement de trucs dans ta vie ! »
    Non. Ca c’est ce qu’on voit de l’extérieur. De l’intérieur, je range mon appart toutes les deux semaines quand quelqu’un passe. Quand je rentre, je me fous en pyjama et je me roule sous mon plaid en peluche. Mes objectifs du moment, c’est penser à me démaquiller le soir pour pas passer la matinée à pleurer à cause du maquillage dans les yeux. Le soir, je mange pas des pâtes, parce que faut se lever trois fois : une pour faire chauffer l’eau, une pour mettre les pâtes et une pour récupérer les pâtes. Alors je mange du pain avec du beurre. Ou des céréales. J’ai mon étendoir à linge avec mon linge propre (et sec) dessus depuis une semaine qu’attend que je le range. Je supporte pas les matins où je dois me lever à 6h, parce que c’est so fucking hard, et du coup, le soir, quand je rentre, je suis tellement crevée qu’à 19h je me couche et je me réveille que le lendemain, tellement je suis une loque.

    So what ? J’ai des amis, un boulot, je sors des fois le soir, je mate des séries, je lis, je joue à des jeux vidéos et je paie mes factures. J’ai même des animaux et ils sont en vie. (Mes plantes aussi, mais j’ai demandé à la vendeuse « des plantes qui ne demandent ni eau ni lumière » et je les arrose toutes les deux semaines quand j’y pense)

    Faut quoi de plus, pour être adulte ?
    C’est vraiment l’adoucissant qui te manque dans ta vie ? (je sais que c’est une métaphore, hein ._.)
    Qu’est-ce que tu veux vraiment ?

  4. j’suis adulte en âge soit disant depuis longtemps trop longtemps et j’ai toujours des cartons pas vidés(faut en garder pour plus tard et puis si je déménage ils seront déjà faits) des trucs en panne, le tri sélectif qui s’accumule et un vieux canapé mais je m’en moque; les chats sont heureux et je ne râle pas après maribarbu ni mes ados si ils posent les chaussures dessus…..tkt 25ans c’est super jeune ….qu’est ce que tu t’embêtes à vouloir être « adulte », je crois que je ne serais jamais vraiment adulte….et je m’en fous ….ça viendra peut-être un jour ou pas.
    Moi j’aime bien te lire …..adulte ou pas.

  5. Hey,
    Tu dis que « devenir adulte, ça va arriver » et je crois que tu as raison. Moi je suis devenue adulte il y a 2 ans peut être, peut-être moins, soit vers 26 ans. Et en fait, je ne m’en suis pas rendue compte. D’ailleurs, je ne suis pas sûre que je l’aurais remarqué sans lire ton post. Parce qu’en fait, spoiler alert, tu te lèves pas un jour en disant « mais ouech comment je suis adulte là ! ». C’est la beauté de la vie et du petit à petit. Ca ne te tombe pas dessus d’un coup, ça s’insinue en toi.
    Je dis ça aussi parce que « devenir adulte » ne se définie absolument pas selon moi par une manière de vivre. Ce n’est pas se lever fraiche à 7h du mat, ce n’est pas le rimmel qui coule pas, ce n’est pas les week end à Etretat entre couples, le vin blanc en terrasse, les plantes vivantes, la vaisselle faite, le ménage nickel, les cheveux coiffés, l’appart aéré…
    Être adulte c’est regarder ta vie et être ok avec ce qu’elle est. C’est assumer tes choix, même si pour certains, avoir un tee shirt toy story c’est pour les gosses (ces cons). Être adulte c’est être indépendante financièrement, mentalement, physiquement. C’est assumer le fait que mes fringues grattent parce qu’on s’en fout de l’adoucissant, qu’ils sont froissés parce qu’on s’en fout du repassage, que la plante est morte parce qu’en fait les plantes c’est pas mon truc, que ce soir je mangerai que du dessert parce qu’en fait c’est bon et ça me regarde. Etre adulte c’est faire tout ça, l’assumer, le dire, le revendiquer, parce que c’est moi. Etre adulte ce n’est pas suivre des règles de perfection qu’on pense universelles. C’est juste être soit, et d’être en paix avec cette idée.
    Ca c’est mon « être adulte » et tu vois je ne le savais pas jusqu’à maintenant.
    Alors évidemment, si ta vie ne te convient pas, que tu n’assumes pas certains de tes choix, je ne te qualifierai pas automatiquement d’enfant. Je te dirai juste « hey, c’est plutôt cool de t’en rendre compte et du coup, on peut améliorer ça ? ». Parce qu’en fait, quand tu as fait les changements dans ta vie pour être pleinement ok avec toi-même, que tu assumes tout ça, que tu réponds fièrement à ta pote qui s’est levé à 7h un samedi pour faire le marché (si si je te jure) que toi bah t’as dormi et c’était bien, et bein c’est assez cool d’être adulte en fait.

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