Le trousseau

Depuis juillet dans ma poche y a qu’une clef, la clef de là où je squattais. Une petite clef accrochée à mes petits souvenirs, comme pour dire que c’est presque la maison, sauf qu’y a pas de boîte aux lettres avec mon nom dessus, pas d’aspirateur à passer et pas de linge à étendre. Une presque-maison.

Un jour je vous expliquerai pourquoi j’ai mis si longtemps à trouver, et surtout à chercher ; une fois quand j’aurai tout bien compris. Paris a fini par accepter ma greffe et j’ai fini par avoir un trousseau, un vrai ; un trousseau avec même un double que j’ai confié en me disant, amusée, « Ben oui il faudrait pas que je me retrouve enfermée dehors sans pouvoir rentrer chez moi ».

Chez moi.

Depuis juillet dans ma bouche y a pas de « chez moi », y a de ci, de là, chez elle, chez lui. Dans le quinzième, dans le dixième ou en banlieue. Y a des arrêts de métro et de longs trajets, des affaires que je pousse pour pas prendre trop de place, pour pas déranger.

Depuis aujourd’hui dans ma vie y a : une porte à moi avec des clefs à moi ; un carrelage un peu fissuré mais c’est pas grave ; un placard qui coulisse presque parfaitement ; une BAIGNOIRE ; un verrou ; un plafonnier avec une ampoule à changer et une autre qui fonctionne ; et même un bar.

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Y a même le con de chat d’en face qui est venu squatter comme si ça y est c’était la fête à la maison, sans rien demander à personne, et j’étais là à sourire comme la dernière des connes, parce que c’était chez moi, et qu’en plus chez moi, y avait un chat.

J’ai mon foutu chez-moi et je vais pas le lâcher, et je vais pas en faire n’importe quoi, et il va être chou, et bordel, ça y est, c’est fait, je suis pas sûre de bien réaliser, mais maintenant je vais pouvoir rentrer : chez moi. Inviter les gens : chez moi. Râler parce que je dois faire le ménage : chez moi. Faire l’amour : chez moi. Me faire à manger : chez moi. Danser trop mal sur de la musique trop forte : chez moi. Essayer d’entretenir des plantes, me rappeler que j’ai pas la main verte, les regarder mourir : chez moi. Grattouiller mon chat derrière les oreilles : chez moi. Inviter les potes à savourer le luxe de la baignoire : chez moi.

Le trousseau est complet et cette putain de nouvelle vie a arrêté d’être inachevée.

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3 réflexions sur “Le trousseau

  1. Article qui a du chien (enfin un chat^^). Je suis contente que tu ai trouvé ton chez toi. Je te comprend c’est tellement difficile de trouver un chez soi et de s’y sentir bien. C’est un nouveau chapitre, une page que tu as commencé à écrire. Bise.

  2. Pingback: All was well | Rhum & Soda

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