Thanksgiving en retard

Je crois qu’un des trucs qu’on apprend, idéalement, en grandissant, c’est la reconnaissance.

Souvent, quand on est gosse, on croit que tout nous est dû. Qu’on est le centre de l’univers, et que les bonnes choses qui nous arrivent sont normales, méritées, alors que les mauvaises sont injustes, gratuites.

Être un peu une grande personne (même si pas trop trop parce qu’elles voient que des serpents ouverts ou fermés et c’est relou), c’est savoir reconnaître sa chance. Savoir dire merci, de mille façons différentes.

Cette année pour Thanksgiving j’ai reçu un SMS qui disait « Hey pumpkin, thanks for two years of a respectful, happy and fulfilling relationship ». LA MIGNONNITUDE DE OUF DU TRUC. Et dire que ma mère n’a jamais compris comment j’arrivais à rester en bons termes avec mes ex.

Je dis pas trop merci. Je n’ai pas vraiment de moment où je me pose pour dire « Eh, merci d’être là, merci pour tout, merci de me supporter quand je suis relou, de m’accorder du temps, de l’attention et de l’amour, de me faire rire et de m’écouter rire, merci de prendre sur toi et de donner de toi ». Ça ne se fait pas trop, je crois. Il est peut-être temps, non ?

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Merci pour les rires, les pauses clopes et les bières. Merci pour les larmes de joie, le serrage de coudes et les vikings barbus. Merci pour les sessions films/séries télé, les discussions nocturnes et les longueurs de piscine. Merci pour le job, l’écoute et la confiance. Merci pour les spectacles et les séances de ciné, pour les pauses déjeuner à douze sur un micro-ondes, pour les câlins impromptus et les cheveux dans le vent au parc Astérix. Merci pour le frigo plein, le café frais, le pain chaud, la canicule traversée à coups de bootyshakes nocturnes, les éclats de rire à travers l’appartement. Merci pour le Japon, pour les poissons, pour le saké et les néons qui ne s’éteignent jamais. Merci pour les révisions de comics et les raviolis aux champignons. Merci pour la maison familiale, l’odeur de la cuisine au petit matin, le calme de la sieste partagée en début d’après-midi, le Scrabble auquel je perds tout le temps et ce gros chat qui ne sert jamais à rien. Merci pour le whisky et le Vieux Lyon et de me permettre d’essayer au moins un peu de me rendre utile même quand tout semble absurdement vain. Merci pour la fête d’anniversaire, les cadeaux, la bonne humeur, cette petite boule de bonheur entre mes quatre murs.

J’ai des belles personnes dans ma vie. PLEIN. C’est pas plus mal de s’en rappeler parfois.

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2 réflexions sur “Thanksgiving en retard

  1. Merci de me rappeler que des gens cultivés, il y en a plein 🙂

    (cf: la référence au Petit Prince, c’est pas grand chose mais ça m’a collé un grand sourire aux lèvres)

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