L’hiver sans altérité

Il y a quelques semaines, le fond de l’air sentait le froid même s’il faisait encore tiède, et ça m’a rendue tellement heureuse que j’ai recommencé à écrire ici.

Maintenant le fond de l’air s’est gonflé, il a tout enveloppé et le froid est là. Il est dans la nuit qui se couche tôt et traîne en longueur, dans les gouttes de pluie qui s’infiltrent dans les cols en cuir, dans la bise qui souffle au coin des rues, dans les vestes sombres et les chaussures imperméables, dans les étalages de réconfort qui fleurissent en ville. Les citrouilles chaleureuses d’Halloween, l’odeur de chocolat chaud Gare de Lyon, les coussinets du chat sur le gilet en moumoute, les guirlandes de loupiotes tendues entre deux murs, bientôt les arbres décorés, et bientôt un an de plus, aussi.

Je me sens un peu bizarre, un peu mélancolico-pas-triste un peu songeuse-rêveuse un peu heureuse-vide, et le vent froid sur ma nuque m’a murmuré que pour la première fois depuis plus d’années que je ne peux en compter, ça fait niais de l’écrire mais depuis plus d’années que je ne peux en compter je vais passer un hiver sans homme à mes côtés

Je trouve ça vachement plus intéressant d’être amoureuse en hiver, de remplir ses poumons d’air glacial à force d’essayer de calmer les palpitations des libellules dans l’estomac, de cacher ses rougissements dans l’obscurité de dix-sept heures, de glisser sa main dans la poche de l’autre. Le célibat, je connais pas trop, c’est un truc un peu nouveau que j’appréhende comme un pays inconnu, d’ailleurs j’ai été au Japon et c’était très bien mais là j’ai pas l’inspiration pour en parler, par contre tu peux partager un vin chaud avec moi et je te raconterai tout, je te jure c’était foufou.

Il y a quelque chose d’étrange dans l’hétérosexualité, dans cette altérité incompréhensible qu’il est difficile de compenser, dans l’odeur des cheveux des garçons, dans la barbe qui picote, les muscles chauds et ces corps si différents. On ne sait pas de quoi jeudi prochain sera fait mais je ne suis pas sûre d’ébouriffer beaucoup de cheveux bruns cet hiver et c’est

un peu

bizarre.

Du coup le train file et la nuit tombe, les rails se déroulent et la pluie valse, et je suis un peu mélancolico-perturbée alors voilà, je te parlerai une autre fois du chaud soleil d’Okinawa et de la plage tiède sous le bitume, là j’ai juste un peu froid donc je vais m’emmitoufler et sûrement dormir un peu.

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3 réflexions sur “L’hiver sans altérité

  1. Pingback: J’AI. UN. DESSIN. | Rhum & Soda

  2. Pingback: All I want is the taste that your lips allow | Rhum & Soda

  3. Pingback: Self care is easier under the rain | Rhum & Soda

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