[TV SHOW] Brainy is the new sexy

Soraya c’est une meuf cool. Tellement cool qu’avant que je ne parte pour Lille, elle m’a subrepticement filé les six épisodes de Sherlock, la série que je dois voir depuis une éternité mais qui me semblait toujours trop longue, avec ses épisodes de 80 minutes, la série pour laquelle je pensais ne pas avoir de temps à perdre. Oh, the sweet mistake…

Sherlock, série britannique diffusée sur la BBC, replace dans notre époque les aventures du célèbre détective, interprété par un Benedict Cumberbatch au magnétisme incroyable et flanqué de son acolyte de toujours, le Dr Watson (Martin Freeman), un médecin militaire traumatisé par son passage en Afghanistan. Sherlock est le seul consulting detective au monde, un « privé » si doué que Scotland Yard n’a pas d’autre choix que de recourir à ses services. Intelligent au point d’en être quasiment autiste, il interprète et classifie tout ce qu’il voit, se servant ensuite des merveilles technologiques (microscopes de pointe, smartphone dernier cri) du XXIème siècle pour déduire toute l’histoire cachée derrière un crime. Mais il trouve un adversaire à sa mesure dans le légendaire James Moriarty, interprété par un terrifiant Andrew Scott, qui s’amuse à lui tendre des pièges à son niveau et à lui lancer des défis toujours plus dangereux, jusqu’au climax du sixième épisode.

Une heure vingt par épisode, c’est long, mais impossible de décrocher. Chaque épisode, comme les livres, se base sur un « cas » qui comporte un ou plusieurs crimes et que Sherlock doit élucider dans des délais très courts. Le personnage de Moriarty, intervenant très tôt dans l’intrigue, est souvent d’une façon ou d’une autre à l’origine de ces meurtres tordus que sa nemesis est chargé de résoudre. Holmes est un génie asocial, un « high-functioning sociopath » comme on peut en voir dans Lie to me ou dans Criminal Minds, perpétuellement ennuyé par les humains banals et aveugles, au point de savourer les jeux intellectuels mortels orchestrés par Moriarty qui le sortent de sa torpeur. Sherlock réfléchit plus vite qu’un superordinateur, interprète et recoupe les informations qu’il récolte pour tisser les scénarios qu’il élimine au fur et à mesure jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un, celui qui, forcément, est le bon. Watson, moins effacé que dans les romans, ne sert pas à grand-chose dans les déductions puisque son expertise de médecin est bien en-deçà de celle de Holmes, qui passe des jours à expérimenter sur des cadavres frais. Il fait office de catalyseur, permet à Sherlock de mieux s’insérer dans la société et lui sert de guide à travers le monde étrange des gens normaux. (Et ils sont amoureux, aussi. COME ON. C’est obvious.)

Pour moi, la plus grande force de Sherlock reste Moriarty, le meilleur méchant que j’aie vu dans une série télé depuis peut-être Ben Linus dans LOST. Loin des serial killers traumatisés de Dexter, Andrew Scott fait de l’ennemi juré de Sherlock Holmes un fou génial, au coeur d’un réseau de criminels mondialement étendu, aux identités multiples, qui ne connaît aucune limite quand il s’agit de parvenir à ses fins. Moriarty se présente comme un fantôme, un écho dans la vie de Sherlock, tour à tour chauffeur de taxi, ingénieur informaticien ou comédien raté, omniprésent et inaccessible. La moindre de ses apparitions à l’écran m’a terrorisée et fascinée, façon Joker en moins caricatural. C’est un genre de Keyser Söze anglais, à l’intelligence géniale et malveillante, un surdoué du mal qui ne trouve de l’intérêt que dans le chaos organisé qu’il contrôle du bout des doigts sur son iPhone en se baladant tranquillement dans Londres. Petit, brun, les yeux sombres, Moriarty est l’exact alter ego de Sherlock Holmes. Là où Cumberbatch pose un regard froid et impassible sur le monde, Andrew Scott se tord, change de visage, de voix, se déforme comme un cauchemar pour brouiller les pistes, pleure et rit tout à la fois, part dans les aigus et dans les graves, s’énerve et se calme comme un cyclone.

Parlez à n’importe quel spectateur qui a vu Sherlock en entier du dernier épisode et il risque d’avoir des pulsions étranges, du genre se mettre à hurler « MORIARTY IS REAL » et « I BELIEVE IN SHERLOCK HOLMES« , ou alors commencer à pleurer doucement car, emplois du temps compliqués obligent, la prochaine saison ne sera tournée qu’en 2013. Tournée. Puis il y aura la postproduction et tout, et nous on va encore attendre comme des victimes la suite de ce season finale si… particulier. Autant vous dire que si ça ne se fait pas, je prendrai personnellement en otage tout le cast (surtout Benedict Cumberbatch if you know what I mean) pour qu’ils me jouent une nouvelle saison.

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6 réflexions sur “[TV SHOW] Brainy is the new sexy

  1. Who 1000 % ou 10 000 % d’accord , je trouve cette série géniale mais aurait-elle été aussi géniale sans Benedict Cumberbatch !!! J’ai vu d’autre film comme Third Star, 2 soeurs pour 1 roi, la Taupe, Cheval de Guerre, Murder is easy, etc … il joue toujours à la perfection ( à nous arracher le coeur) .
    Une fan inconditionnelle

  2. J’adore cette série : tous les personnages sont le genre de personnages que j’aime ! Je ne regarde pas les épisodes, je les vis… Et les acteurs sont tous très doués.
    Autre élément de la série : la BO. La musique du générique est également très bien faite.
    Par contre, attendre jusqu’en 2013/2014 va être long…

  3. J’ai vue aussi les 6 épisodes et je suis restée sur ma faim, j’adore cette série, meme si les épisodes sont long, on est tellement pris dans l’intrigue qu’on ne voit pas le temps passer.
    Hâte de savoir la suite.

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