[FILM] I’m giving you a nightcall

Comme vous l’avez probablement remarqué, je ne suis pas vraiment à jour niveau films. Je ne les vois que rarement à leur sortie, parce que je suis pauvre. Donc j’ai attendu le 14 février 2012 pour voir Drive, un des films les plus commentés, idolâtrés et critiqués de 2011.

Pas de suspense : j’ai été très déçue. Et c’est de votre faute. A force de hurler au chef-d’oeuvre comme un seul homme, mécaniquement, j’attendais beaucoup de ce film, et je reste sur ma faim. Voyons pourquoi.

Déjà, le héros a à peu près l’expressivité faciale d’une huître, ou d’un smiley : neutre/un peu content/un peu pas content. Et pour moi ça ne lui donne pas l’air cool, mais l’air d’un gars avec un léger retard mental, et le fait qu’il attende 30 secondes avant de répondre à la moindre phrase n’arrange rien. Il me rappelle le vieux PC Compaq de mes parents, celui que tu pouvais allumer, aller faire du café, te fumer une clope et prendre un bain avant qu’il réagisse. J’aime bien les personnages froids, surtout quand ils sont un peu dans l’illégalité comme ça, bad boys et tout, mais dans le cas de Ryan Gosling ça atteint les confins de l’inexpressivité et c’est proprement exaspérant. D’ailleurs, je vais pas mettre de photos de lui dans l’article, ça fera les pieds à ses groupies, na.

Ensuite, l’intrigue. Pour résumer, Drive est l’histoire d’un chauffeur (non?) spécialisé en cascades de cinéma, qui vend parfois cinq minutes de son talent à des malfrats pour les sortir de leurs mauvais coups. Un jour, il rencontre une fille, dont le mec a un léger souci avec la mafia, et en tentant de la protéger, badaboum, tout part en sucette. Voilà.

Bon, je ne suis pas contre l’idée de prendre une trame un peu noire, un peu gangster pour en faire un film mélancolique et poétique. La preuve, j’adore Collateral. Mais le problème avec Drive, c’est la tonne d’incohérences qui, pour servir l’esthétique du film, ne font que foutre en l’air l’intrigue et la solidité de l’histoire – et donc la force avec laquelle j’y crois. On parle d’un mec qui conduit des braqueurs et qui décide, quand il est repéré par un hélico de la police, que faire du 250km/h sur l’autoroute est une idée pertinente. D’un mec qui trempe dans plein de mauvais coups et ne porte ses gants en cuir de hipster qu’une fois sur deux, coucou les empreintes digitales. D’un mec qui va jusqu’à mettre un putain de masque de cinéma en latex pour n’être pas reconnu, mais garde en permanence sa foutue veste en satin brodée d’un scorpion, sachant qu’il est probablement le seul mec dans tout L.A. à oser porter une mocheté pareille, donc bonjour l’anonymat. D’un mec qui tient à rester incognito mais qui laisse un cadavre dans son ascenseur, tranquille, d’ailleurs ne cherchez pas : dans Drive, c’est comme dans les jeux vidéos, on laisse les corps des ennemis là où ils sont, merci bien, de préférence dans un endroit bien visible, puisqu’apparemment de nos jours on peut poignarder n’importe qui sur le parking d’un resto chinois en plein jour sans se faire repérer.

Ces accrocs dans la cohérence de l’ensemble m’ont totalement gâché l’immersion dans le film. On ne parle plus ici de petits détails, comme par exemple la rapidité avec laquelle Ryan Gosling arrive à salir un t-shirt, mais de vraies, grosses bêtises qui m’ont donné plus d’une envie de facepalm devant l’écran et qui m’ont empêchée d’y croire vraiment.

 Un peu de positif maintenant : Drive est vraiment très beau. La photo est époustouflante, chapeau l’artiste, lumière magnifique, contraste parfait, couleurs profondes. Du coup je suis contente d’avoir pu le voir sur une télé HD plutôt que sur mon gros machin cathodique pourri.

Et heureusement pour le film, les seconds rôles compensent largement le talent dont fait preuve Ryan Gosling quand il s’agit d’imiter un panda en pleine digestion. Big up à Bryan Cranston (MalcolmBreaking Bad) que je suis vraiment contente de voir au cinéma (façon de parler du coup) et qui joue à la perfection son rôle de Shannon, le super-garagiste, ange gardien du driver et malheureusement plus enclin à emprunter à la mafia qu’à des banques (mais qui pourrait le blâmer). J’ai même presque eu un petit crush pour lui et pourtant, Dieu sait que j’ai jamais craqué sur Walter White. Christina Hendricks délaisse les Wonderbra et les robes sixties de Mad Men pour jouer Blanche, une white trash un peu paumée complice d’un braquage, et ça fonctionne finalement pas mal, à ma grande surprise. Oscar Isaac, que j’ai mis un moment à identifier comme l’infirmier/patron de bordel de Sucker Punch, est touchant dans le rôle de Standard (oui oui) (non mais cherchez pas c’est son prénom) (Standard, comme un modèle standard), le mec de LA fille, bad boy repenti et bad boy malgré lui, échouant à protéger LA fille, interprétée par la craquante Carey Mulligan que je n’ai jamais vue nulle part mais qui fut un petit plaisir de découverte, avec ses fossettes et ses jupes longues.

On se quitte sur une photo de mon crush de la St Valentin. La prochaine fois, avant de crier au miracle, reprenez votre souffle en sortant du cinéma… Drive est un film acceptable, honnête, mais pas phénoménal. Avec une intrigue au poil et un acteur un peu plus expressif, on aurait pourtant pu avoir un très bon cru. Dommage!

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6 réflexions sur “[FILM] I’m giving you a nightcall

  1. T’as rien compris t’façon. Mais je peux pas en vouloir à quelqu’un qui aime le 5ème élément (KRRKRRKRR) ! Bref, je trouve que t’as oublié de dire que le travail sonore est ouf de chez ouf.

    • En effet le son est bon mais le problème c’est que comme les jeux avec les bruits se répètent, on sait que quand telle action se produit niveau background (exemple : le son disparaît quasiment), ça veut dire que tel truc va arriver (exemple : violence). Donc l’effet de surprise est moyen, dommage.

  2. Chui assez d’accord sur l’ensemble, jolies couleurs, jolies scènes, histoire pauvre et bancale.
    Ceci dit…ON ATTAQUE PAS LELAND >..<).

  3. Moi j’ai adoré ce film. Il a été mon coup de coeur 2011. Mais je suis allée le voir dès sa sortie. Personne ne l’avait encore vu et donc j’y suis allée sans aucune attente. Cela a du jouer aussi. Contrairement à toi, j’ai bcp aimé Ryan Gosling. En fait, toutes les lenteurs dans les dialogues m’ont vraiment plu. J’ai trouvé que c’était assez poétique. Et puis la mise en scène, la musique, … non vraiment, Drive est vraiment l’un des films que je préfère 🙂

    • Il faut de tout, je comprends ce qui a plu dans ce film. Je me suis faite incendier par quelques potes pour ne pas l’avoir aimé 😀 mais bon, au fond, tant mieux s’il a enthousiasmé des gens!

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