[FILM] Wall Street était mon nouveau terrain de jeu

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Limitless se base sur la fameuse idée de l’homme n’utilisant que 10% des capacités de son cerveau et capable de prouesses fabuleuses si seulement il avait accès aux 90% restants. Bradley Cooper y campe Eddie Mora, écrivain raté, fauché et pouilleux qui rencontre une vague connaissance au beau milieu d’une pure journée pourrie (sa nana le plaque, il a 90 pages à rendre à son éditrice pour le lendemain, il a plus de sous, toussa). Son pote, ex-dealer magouilleur lui propose, entre deux whisky, un nouveau médicament « légalisé mais pas encore sur le marché », censé lui donner accès aux incroyables capacités de son cortex. Eddie accepte (en même temps sinon y a pas de film). Et c’est parti : écrivain de génie, bourreau des coeurs, multilingue, trader amateur brassant des fortunes, Eddie est lancé à fond sur les lumineux chemins de la gloire, poursuivi par mafieux et requins aux dents longues.

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Limitless est un film agréable, divertissant, qui doit beaucoup au charisme de Bradley Cooper et aux yeux de Robert de Niro (à moins que ce ne soit l’inverse). Une intrigue assez simple qui fait passer au spectateur un moment honnête à suivre les pérégrinations d’Eddie Mora dans le monde merveilleux des gens qui savent que toute leur vie ne tient qu’à une chose – en l’occurence, cette petite pilule transparente – et qui se savent en danger – l’overdose et la mafia russe ne sont jamais très loin. Je n’ai pas regretté.

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Mais une chose m’a gênée dans Limitless. Eddie Mora était un écrivain comme il y en a tant, de ces artistes prétendument maudits qui préfèrent attendre l’inspiration plutôt que de se lancer dans le grand bain, mettant leur coupe de cheveux et leur hygiène douteuses sur le dos de ce statut de « créatif ». Mais une fois qu’il a accès à l’intelligence suprême, que désire Eddie Mora? L’argent. Le pouvoir. Wall Street et la politique, impressionner les femmes en commandant un japonais en version originale, avoir des chemises bien coupées, passer ses journées en costard-cravate-boutons de manchette, cheveux gominés vers l’arrière, jeune loup trader ou tout jeune sénateur. C’est-à-dire exactement la même chose que tous les autres cons. Le surdoué qui utilise son génie pour compter les cartes au casino ou prévoir les cours de la Bourse, c’est un thème récurrent dans le cinéma et la littérature, mais on parle d’ici d’un « plus-que-surdoué », d’un homme qui connaît la réponse à la grande question sur la vie, l’univers et le reste, d’un surhomme qui est censé pouvoir prendre en compte tous les paramètres possibles et imaginables avant de décider quelque chose. Finalement, Eddie Mora est un homme facile, qui cède aux chants des sirènes comme tous ceux pour qui Martin Sheen dans Wall Street est un idéal de vie, lui qui avait pourtant tourné le dos au régime métro-boulot-dodo, qui était certes un pauvre loser, mais qui au moins était un peu honnête avec lui-même.

 En résumé, mon problème avec Limitless, c’est que tu as beau être supra-intelligent, le seul bonheur après lequel tu courras sera celui que Monsieur-tout-le-monde poursuit aussi : les costards sur mesure, l’appartement super design et épuré dans un gratte-ciel New-Yorkais, la femme belle et intelligente un peu aveuglée par ton aura, le mentor que tu sauras dépasser parce que tu es un requin. Mouais. What else?

Écrit et publié pour la première fois le 7 juillet 2011

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