[FILM] Oups.

J’ai été voir 127 Hours au cinéma. J’avais un peu honte car je n’avais pas encore vu Black Swan et comme je n’ai pas les moyens de payer deux films, je devais choisir entre le dernier Darren Aronofsky et le dernier Danny Boyle – choix cornélien. J’ai opté pour 127 Hours car je ne me sentais pas vraiment de voir un film Aronofsky-esque avec Natalie Portman. Je ne regrette pas ce choix un seul instant.

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 Comme la plupart des gens je connaissais déjà le pitch avant de voir le film et j’avais même suivi le fait divers au moment où c’était arrivé. Mais savoir ce qui allait arriver a créé une tension magnifiée par le choix de Danny Boyle : l’incipit du film, la partie pré-chute, est longue, prend son temps. On sait ce qui va arriver, on sait que ça va arriver, on se demande comment ça va arriver. Et brusquement ça arrive, alors qu’on a déjà tellement attendu, que tout allait si bien. On se prend presque à espérer que ça n’arrive pas.

 Depuis plusieurs mois, James Franco est partout. Celui qui était il y a quelques années le faire-valoir bourgeois de Spiderman-Tobey Maguire est devenu une égérie. Les filles peuvent en tomber amoureuses sans avoir honte (pas comme Robert Pattinson) et les réalisateurs lui offrent des rôles à la mesure de son talent (je parlerai dans un autre article de Howl, choc d’hier soir). En plus de tout ça, il semble être un mec sympa et n’hésite pas à jouer avec son image.

Dans 127 Hours, au début je le trouvais un peu ridicule. Je ne suis pas du tout sports extrêmes et je ne vois pas trop l’intérêt de ce genre de mec, gorgé de Powerade et de barres énergétiques, qui crapahute en BMX avec son gros sac à dos. Puis le film avance, il rencontre des filles, fait des trucs rigolos. C’est sympa. Mais encore une fois on sait. On sait que ce n’est pas un film à propos d’un mec sympa un peu extrême qui rencontre des gens sympa et tombe amoureux ou quoi que ce soit du genre. On sait que dans les cent minutes de film, on va serrer les dents, on va peut-être fermer les yeux. Aron Ralston n’a pas eu droit à un biopic pour rien.

Et puis, ça arrive. Il le faut bien. Commence alors une heure de film portée à bout de bras (sans mauvais jeu de mots…) par James Franco, tour à tour sain, en colère, dément, suicidaire, souriant. Colin Firth était terrible dans The King’s speech, mais c’est une performance d’acteur incomparable que nous avons ici. Aron m’a émue, perturbée, inquiétée, questionnée. Et même, parfois, un peu effrayée.

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La démence, les rêves déshydratés et affamés donnent naissance à de magnifiques séquences impossibles et délicates. L’onirique sauvetage rend le réveil douloureux. Suspendu à son harnais, Aron attend de mourir. Sauf si… Et il en faut, du temps, avant que ce si ne devienne envisageable. Il faut être déjà à demi mort et se rendre compte qu’on ne veut pas aller plus loin.

 J’ai adoré pas mal des films de Danny Boyle. J’aime sa façon, un peu comme David Fincher (Darren – Danny – David, la sainte Trinité) de se saisir d’une histoire à priori simple pour en faire un objet cinématographique complet, beau, profond, complexe, offrant une richesse d’émotions et d’éléments de réflexion. L’histoire d’Aron Ralston semble au premier abord terrible, bonne à grincer des dents, à serrer les mâchoires en essayant de se représenter l’inimaginable. 127 Hours la rend belle. Bien sûr, il y a du sang, des cris, des gros plans et des paupières closes dans la salle de cinéma. Mais il y a bien plus que ça. Et c’est cela qui compte.

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Écrit et publié pour la première fois le 8 mars 2011

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